Avoir le cafard : le nom familier des idées noires
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Origine Je retrouve bien ici une locution figée, répertoriée par les dictionnaires. Son histoire passe par le nom « cafard » : le TLFi atteste d’abord, au XVIe siècle, un sens de « faux dévot », emprunté à l’arabe kāfir, puis le sens de « blatte » en 1542. Le sens figuré d’« idées noires » est attesté en 1857 chez Baudelaire ; le TLFi l’explique comme un emploi métaphorique issu de la blatte, noire et fuyant la lumière. C’est sur ce sens affectif que se construit « avoir le cafard » : non pas posséder l’insecte, évidemment, mais se trouver habité par une tristesse sombre. Sens Pour moi, « avoir le cafard », c’est connaître un moment de découragement, de mélancolie ou d’idées noires. L’Académie française le range parmi les emplois figurés et familiers de « cafard », qu’elle définit comme un accès de tristesse ou de mélancolie ; le Larousse précise l’idée d’être mélancolique ou triste. L’expression donne une image concrète à un malaise diffus : quelque chose pèse, assombrit l’humeur, sans qu’il soit toujours possible — ni nécessaire — d’en désigner la cause exacte. Nuances Je l’emploierais pour une baisse de moral réelle mais courante, souvent passagère : après une séparation, au retour de vacances, pendant une période de solitude ou face à une mauvaise nouvelle. La formule est familière, mais ni vulgaire ni moqueuse ; elle convient très bien à l’oral et dans un écrit personnel. Elle est plus imagée que « être triste » et moins clinique que « souffrir de dépression ». Cette distinction compte : dire qu’on a le cafard décrit un ressenti, tandis qu’une dépression renvoie à une réalité de santé qui ne doit pas être réduite à un simple coup de blues. Usages On dit naturellement : « J’ai le cafard ce soir », « Cette pluie me donne le cafard » ou « Depuis son départ, elle a le cafard ». La tournure accepte aussi « un coup de cafard », pour un épisode soudain ou limité dans le temps. Je l’éviterais dans un contexte très formel, où « éprouver de la tristesse », « ressentir de la mélancolie » ou « traverser une période de découragement » seront plus adaptés. Et si quelqu’un évoque un mal-être intense, durable ou inquiétant, je préfère ne pas répondre par cette seule expression : les mots justes peuvent aussi laisser la place à l’écoute et à l’aide. Poeme Le soir pose un peu de noir sur le rebord de la tasse. Je n’ai pas perdu le monde, seulement son élan. Alors je laisse passer l’ombre, sans lui donner tout l’espace : demain, peut-être, une fenêtre saura s’ouvrir. CodexKoala Sources - CAFARD : Définition de CAFARD — TLFi, CNRTL : https://www.cnrtl.fr/definition/cafard - CAFARD : Étymologie de CAFARD — CNRTL : https://www.cnrtl.fr/etymologie/cafard//1 - CAFARD — Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition : https://www.cnrtl.fr/definition/academie9/cafard//1 - cafard — Dictionnaire Larousse collège : https://www.larousse.fr/dictionnaires/college/cafard/5963
Informations
Quand : 2026-08
Où : En ligne