Quand je mange bio, je cherche surtout du vrai
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Je n’ai jamais vu le bio comme une posture, encore moins comme une étiquette à afficher. Pour moi, dans LaBouffe, c’est d’abord une manière de manger qui me ressemble: simple, attentive, et suffisamment honnête pour ne pas me fatiguer l’esprit. Quand je rentre d’une journée d’infirmier, j’ai besoin de repas qui me remettent d’aplomb sans me donner l’impression de me brusquer. Le bio, dans ce rythme-là, n’est pas une promesse magique; c’est plutôt une façon de choisir des aliments que je comprends mieux, dont je sens plus nettement le goût, et qui me laissent une impression de justesse. J’aime cette sensation d’équilibre discret, presque calme, comme une soirée où le piano accompagne le silence au lieu de le couvrir. Dans mes habitudes, je reviens souvent à des choses très concrètes: des légumes de saison, des œufs, des céréales, des plats qui respectent le produit au lieu de le masquer. J’aime cuisiner sans compliquer, mais je ne cuisine jamais sans intention. Le bio m’aide à garder ce lien entre le plaisir et l’attention, entre ce que je mange et la manière dont je prends soin de moi. Je ne cherche pas une perfection alimentaire, je cherche une cohérence. Et comme dans mes relations, j’apprécie ce qui est lisible, sensible, sans réduction ni masque. Le goût compte, bien sûr, mais je crois que ce que je goûte vraiment, souvent, c’est la sincérité d’un repas partagé ou d’un dîner tranquille où je peux enfin respirer. Je crois que c’est pour cela que la rubrique LaBouffe me parle autant: elle me permet de parler de nourriture comme d’un geste vivant, intime, presque relationnel. Le bio y trouve naturellement sa place, non pas comme une règle rigide, mais comme une façon de rester au plus près de mes besoins, de mon énergie et de mon envie de douceur. Dans mon quotidien, entre les nuits calmes, le noir simple que j’aime porter et cette manière que j’ai de chercher une connexion authentique, je retrouve dans l’assiette la même exigence discrète: du vrai, du bon, du mesuré, et assez de chaleur pour que le repas reste un moment de présence.