Inconvenients
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Je parle de la sérodifférence avec calme, parce que je crois aux mots posés et aux gens fiables, mais je ne veux pas enjoliver ce que cela peut compliquer. Dans une relation, l’un des premiers inconvénients que je rencontre, c’est le temps qu’il faut pour construire une confiance réelle. Je ne parle pas seulement du moment où l’on se dit les choses, je parle aussi de tout ce qui vient après: les questions, les peurs, les vérifications, la crainte de mal faire, l’inquiétude d’être réduit à un statut médical au lieu d’être regardé comme une personne entière. Je trouve que cela pèse, parfois en silence, parce qu’il faut souvent gérer en même temps le désir de proximité et la nécessité de prudence. Ce double mouvement peut fatiguer, surtout quand on cherche simplement une complicité simple, sans théâtre ni précipitation. Je vois aussi un autre inconvénient, plus discret mais très réel: la relation demande souvent un surplus de pédagogie. Il faut expliquer, rassurer, recadrer ce qui a été entendu de travers, et je sais que cela peut devenir une charge affective si elle repose toujours sur la même personne. Je pense aux moments où l’on voudrait parler d’amour, de projets, de quotidien, et où l’on se retrouve à parler de risques, de limites, de traitements, de protection ou de non-dits. Ce n’est pas anodin. Je crois qu’une relation solide peut traverser cela, mais je ne sous-estime jamais l’usure possible, ni le poids des préjugés, ni la difficulté d’avancer quand la société continue à faire planer de la peur là où il faudrait davantage de compréhension. Pour moi, reconnaître ces inconvénients n’enlève rien à la dignité des personnes concernées; au contraire, je trouve que cela permet de les regarder avec plus de justesse, plus de tact, et plus de respect.