Bangkok, mon tom yum goong pour retrouver l’équilibre
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Dans LaBouffe, je reviens souvent à des recettes qui ont du caractère sans m’alourdir, et le tom yum goong thaïlandais me ressemble beaucoup. J’aime cette soupe de Bangkok parce qu’elle tient à la fois du réconfort et de la clarté : elle réveille, elle apaise, elle remet les choses en place après une journée trop pleine. Je la pense en regardant les marchés de Bangkok au petit matin, entre les temples, avec leurs bouquets de citronnelle, de feuilles de kaffir, de galanga et de piments, puis je la fais très simplement chez moi, comme une respiration. Pour deux à trois bols, je prends des crevettes, du bouillon de volaille ou de crustacés, de la citronnelle écrasée, des rondelles de galanga, des feuilles de lime kaffir, des champignons, une petite tomate, de la sauce poisson, du jus de citron vert et un peu de piment. Je fais frémir le bouillon avec la citronnelle, le galanga et les feuilles de kaffir pour qu’ils libèrent leur parfum, puis j’ajoute les champignons et la tomate. Quand la soupe sent déjà la Thaïlande, j’intègre les crevettes juste le temps qu’elles deviennent nacrées, je coupe le feu, j’assaisonne avec la sauce poisson et le citron vert, puis je termine avec un peu de piment et de coriandre fraîche. Je le sers avec un bol de riz blanc, parce que j’aime cet équilibre très thaï entre le feu, l’acidité et la douceur du riz. C’est une recette que je choisis quand je veux manger avec sincérité, sans théâtre inutile : quelque chose de vivant, de net, de généreux, qui me rappelle que le plaisir de manger peut rester léger tout en étant profondément satisfaisant. Et, d’une certaine façon, ce tom yum goong dit aussi ce que je cherche ailleurs : des saveurs franches, des gestes simples, et une place laissée à l’émotion.
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Où : TH